Coco Chanel & Le Corps de La Femme Libre

Que symbolisent Coco Chanel Aujourd’hui?

Une maison de haute couture .. Un parfum!

Quand on demandait à «  Marilyn Monroe « ce qu’elle portait la nuit, Elle répondait: Chanel, n ° 5.

Elle est morte un dimanche. Elle rentrait de promenade.

Elle a répondu au concierge du Ritz qui lui demandait si elle allait bien que ça allait, mais que dans une heure ou deux elle serait morte. Elle s’est étendue sur son lit simple avec une douleur dans la poitrine. « J’étouffe, Jeanne », a-t-elle dit à sa femme de chambre. Quelques gestes de panique, quelques mots encore. Et puis elle a déclaré :

 » C’est comme cela que l’on meurt. »

Elle faisait mine d’orchestrer la mort comme elle l’avait fait avec la vie. Elle s’en allait maquillée, coiffée et habillée, sans laisser à l’agonie le temps de chiffonner son teint, ses cheveux et son allure. C’était le 10 janvier 1971.

Le lendemain, Le Monde évoquait un style imposé et qui s’imposerait encore à plusieurs générations.

Le New York Times consacrait à sa disparition trois colonnes à la une. Et pour dire combien elle avait changé la mode, le journal américain concluait que son influence était « incalculable ».

Elle meurt seule. Ses amis, ses amours l’ont souvent précédée. Elle n’a pas eu d’enfants. Ce jour-là, son sac à main et son coffre sont pillés par quelques vautours qui tournaient en souriant autour de la vieille dame. Les derniers proches font ce qu’elle avait demandé : elle est enterrée à Lausanne dans une tombe qu’elle a elle-même dessinée – pas de pierre au-dessus, « au cas où je voudrais ressortir »

*****

Elle voulait que ça sente bon son emblème. Elle était possédée par sa légende. On range la clé en se demandant si la légende vivra.

Dehors, alors, tout va si vite. Le tailleur Chanel habille les grandes dames et les grandes occasions. Nul n’a oublié le sang de John Kennedy sur le lainage bouclette rose, double boutonnière et col bleu marine de sa femme Jackie, à Dallas. Nul n’aurait imaginé autrement qu’en Chanel Simone Veil, qui allait bientôt offrir à la société française ses grandes réformes en faveur des femmes.

Coco Chanel avait à elle seule balayé des siècles de style, congédié falbalas et corset. Partant de son corps menu et sans poitrine, elle avait imaginé et drapé le féminin autrement que comme un appât, elle avait libéré les bras, les jambes, la taille, les seins, la nuque, la tête des femmes, mais comme tout inventeur elle était dépassée par ce qu’elle avait lancé. Elle le sentait. La mort allait frapper deux fois, elle et son style d’aristo libérée – dans quel ordre, elle ne le savait pas encore. Alors, qui tendait un micro recevait son venin contre ce présent qui la chassait.

Aussitôt l’émission diffusée, la France réactionnaire écrivit en masse pour soutenir les propos de Mademoiselle Chanel. L’entreprise, probablement déjà préoccupée par l’au-delà, acheta à Jacques Chazot la pleine et totale propriété du film. La vieille Coco crachant sur le féminisme est introuvable à l’Institut national de l’audiovisuel. La société Chanel s’est arrangée pour qu’elle soit invisible

 

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