Commémoration de la Grande Guerre ~ 1914 – 2014  » Champagne – Alsace & Lorraine »

LES BATAILLES  DE  LORRAINE : 2 VICTOIRES FRANÇAISES

25 août – 13 septembre 1914 

Les batailles de Lorraine qui précèdent dans le temps la bataille de la Marne, qui en sont presque entièrement indépendantes dans l’espace, se rattachent, cependant, étroitement à elle. Il s ‘agit des batailles du centre ( la « trouée de Charmes », « Rozelieures »)  et des ailes (« St Dié » et le « Grand Couronné ») Notre offensive contre  MorhangeDieuzeSarrebourg a échoué (20 août)

L’ennemi va exploiter son succès. Il espère bousculer facilement, en se précipitant à leur suite, nos armées éprouvées. Son objectif, c’est la trouée de Charmes, et par-là, c’est une menace d’enveloppement dirigée contre la droite des Armées françaises. Il dispose, pour cette tâche, des même forces qui nous ont arrêté : six corps actifs et de deux corps de réserve

Dans une première série d’attaques (la « trouée de Charmes »), il s’efforcera de rompre le centre de notre dispositif au point de liaison entre la 1e et la 2e Armée (25 août  1 septembre). ..  Battu et refoulé au cours de cette première tentative, il essayera de déborder l’aile gauche de la 2e Armée (9e, 15e, 16e,18e,20e Corps d’Armée) et l’aile droite de la 1e Armée (7e, 8e, 13e, 14e, 14e, 21e Corps d’Armée) du 1 septembre au 10 septembre : il éprouvera un second échec. (« St Dié » et le « Grand Couronné ») La situation dangereuse des Armées allemandes à la suite de la Marne amènera l’abandon des attaques sur Lorraine et la stabilisation de cette partie du front (13 septembre).

 
 
 
Ce sont ces deux victoires ; elles sont l’œuvre du général de Cas­telnau, commandant de la 2e Armée. 
 
Et du général Dubail, commandant de la 1e Armée. Elles ont sauvé la France de l’est de l’invasion et assuré la solidité de l’aile droite des Armées françaises.
 
 
 

 

 

 

 
                                                                                                         
 
 
                                                     
 

MOURIR À ROZELIEURES (François Teysseire)

 

« (…) Nous creusons des tranchées de quatrième ligne. Je te quitte dans l’espoir de te revoir bientôt.

Mes bons souvenirs à toute ta famille. Ton ami qui ne t’oubliera jamais.
Felix Batut, 16 juillet 1915
P.S. : J’ai trouvé deux cartes de Rozelieures, elles peuvent faire plaisir à tes parents. Tu les leur donneras. Je les soumets à ton bon vouloir, je voudrais pas les chagriner ».



François Teysseire est né le 10 février 1890 à Montalzat (Tarn et Garonne). De la classe 1910, il a fait deux années de service militaire, puis est retourné chez lui vivre sa vie de paysan du sud-ouest.

Il a 24 ans, ce 02 août 1914, lorsque la mobilisation est lancée. François doit rejoindre son régiment, le 15e Régiment d’Infanterie, à Albi. Du 02 au 06 août, le 15e R.I. se forme : il faut bien 5 jours pour rassembler tous les hommes, le matériel et les chevaux! 

Le 08 août, tout le 15e embarque dans le train direction Montpellier : 62 officiers, 3310 biffins (soldats du rang) et 164 chevaux et mulets, tout cela s’entasse dans les wagons SNCF (c’est le même wagon standard que l’on utilise pour les hommes ou les animaux, on peut lire à droite de la porte coulissante « hommes : 40, chevaux: 8 »). A Montpellier, le convoi remonte vers le nord, direction la Lorraine. Le 08 août, le 15e R.I. débarque à Mirecourt (au sud de Nancy) : c’est le premier contact -lointain- de François avec la guerre : on entend le canon au nord-est, en direction de Nancy et Luneville.

Les biffins vont maintenant user leurs godillots sur les routes en se portant vers l’est. Le 15e est en queue de division, le temps est chaud, la troupe -fraiche- marche sans difficulté. On se dirige vers la canonnade que l’on entend sans cesse à Luneville et Baccarat. Après un premier cantonnement au sud de Lunéville, la troupe pousse encore plus vers l’est. Le 16 août, le 15e R.I. s’installe à Igney (petit village au sud d’Avricourt).

L’armée française a réussi une percée en Lorraine allemande et le régiment est appelé en soutien aux troupes qui partent au combat.

On marche toujours vers l’est : Foulcray, le bois de Rechicourt, Gondrexange, Dianne Capelle. Le 19 août, en fin de journée il cantonne sur le canal des houillères, un canal qui remonte vers le nord à travers les bois et les étangs.

Le 20 août sera un triste baptême du feu pour les jeunes soldats : au matin le régiment prend la droite du canal et monte vers le nord à travers les bois en direction de Mittersheim. Le bataillon de tête est immédiatement pris sous le feu des fusils ennemis. Les Allemands sont invisibles : ils tirent d’un bois tout proche. Les officiers appliquent alors la tactique en vogue à l’époque, et suivent consciencieusement le règlement de manoeuvre : 
« L’attaque implique de tous les combattants la volonté de mettre l’ennemi hors de combat en l’abordant au corps à corps et à la baïonnette. » (Règlement de manoeuvre d’infanterie, 1914).
« Article 313. L’attaque implique de la part de tous les combattants la volonté de mettre l’ennemi hors de combat en l’abordant corps à corps à la baïonnette. Marcher sans tirer le plus longtemps possible, progresser ensuite par la combinaison du mouvement et du feu jusqu’à la distance d’assaut, donner l’assaut à la baïonnette et poursuivre le vaincu, tels sont les actes successifs d’une attaque d’infanterie. Article 330. Dès que le moment de l’assaut devient proche, la baïonnette est mise au canon. Entraînés par les officiers et les gradés, les tirailleurs prennent le pas de course et se jettent, baïonnette haute, sur l’adversaire au cri de « En avant, à la baïonnette ! » Les tambours ou clairons sonnent ou battent la charge. » (Règlement de manoeuvre d’infanterie, 1913).

Comme à la manoeuvre donc : les bataillons s’alignent, baïonnette au canon, chargez, officiers en tête… une fois, deux fois, trois fois… trois charges à la baïonnette à travers champs en fixant des yeux les bois d’où partent les coups de feu meurtriers. 3 officiers sont tués, 164 soldats sont tués ou blessés. Sonne alors le replis; on laisse sur le champs de bataille les corps des camarades tombés.« Malheureusement, un grand nombre de nos blessés ont dû être laissés sur le terrain » (J.M.O.). Le 15e doit se replier en urgence vers l’ouest, traverse Desseling, Fribourg, Azoulange et arrive le soir à Maizières.
La contre-offensive allemande se poursuit, poussant la troupe jusqu’au sud de Lunéville, Gerbeviller, Clayenne. Les 23 et 24, le 15e cantonne à Froville, petite bourgade à l’est de Rozelieures.

 

Photographies de Patricia Rougeux originaire de Champagne, qui a vécu jusqu’en 1980 à Lunéville et qui réside occasionnellement à Roselieures ..

Après les combats du 20, les soldats savent maintenant à quoi s’attendre.

On les réveille le 25 août en pleine nuit, ils se mettent en marche à 2 heures du matin pour aller à Borville (à l’est de Rozelieures). A midi, le régiment reçoit l’ordre de traverser l’Euron et d’attaquer Rozelieures occupé par les allemands.

Les rafales d’artillerie sont d’une violence extrême et sont accompagnées d’une fusillade incessante. Les allemands sont invisibles, dissimulés dans des tranchées et derrière les meules d’avoine. Comme lors du combat sur le canal des houillières, on est fauché sans avoir vu un seul casque à pointe ou le feldgrau d’un uniforme.

De plus, « la troupe est désorientée car de nombreux officiers sont tués » (J.M.O.). On persiste dans la boucherie, on confirme le massacre.

 

 

 

 

Le15eR.I. ne peut atteindre Rozelieures et doit se replier un peu plus au sud dans le bois de Lalau (L’à l’eau). Il faudra attendre le secours des chasseurs (2eBCP et 6eGCC) pour retourner la situation. (voir le chapitre « les cyclistes en Lorraine« ).

A 18 heures, le régiment se remet en marche, traverse l’Euron et se reforme sur l’autre rive. La troupe reformée monte alors vers le village de Rozelieures lorsqu’un puissant feu d’artillerie retentit : ça vient de la gauche, de la 31e division française… et les obus s’abattent sur le rassemblement du 15e R.I., tuant ou blessant un grand nombre de soldats et créant une panique indescriptible! Après les obus allemands, c’est les obus français qui fauchent par erreur les hommes. L’ordre est donné de remonter au plus vite vers le bois de Filière, au dessus de Rozelieures. Le bois est traversé dans l’obscurité et la cohue, et la troupe se reforme le lendemain -26 août- à Moriviller où un officier consciencieux établit la liste des tués, blessés et disparus:
5 officiers tués (8,1%), 15 blessés (24,2%); 192 soldats tués ou disparus (5,8%) et 443 blessés (13,4%)

 

 

François Teysseire, paysan du sud-ouest, simple soldat du 15e R.I. fait parti de ces « disparus », corps anonyme laissé sur le champs de bataille. Il faudra attendre 1920 pour qu’il soit officiellement reconnu comme « tué à l’ennemi ».Sa famille a fait poser une plaque commémorative au cimetière de Montalzat, son corps est resté quelque part à Rozelieures.

 

 

◊◊◊◊

Les cyclistes en Lorraine

1418cPatriotique

Eté 1914.

L‘été 1914 débute bien tranquillement pour les chasseurs du 6eGCC : ils assurent la sécurité à l’exposition internationale de Lyon (mai-novembre 1914). Maurice raconte à ses parents d’un ton émerveillé ce qu’il y voit : les immenses bâtiments d’acier et de verre(…« je vous assure que c’est joli, vous pouvez pas le comprendre sans les voir, c’est bien réel comme sur la carte »…), les courses de voiture (…« des voitures de toute puissance »…), les « chinois » avec leurs pouss-pouss, … Il est aussi impressionné par le passage du Président Poincaré entouré de nombreuses personnalités (…« il y avait des gens de toute puissance (sic), beaucoup d’allemands »…).

L‘insouciance du temps de l’exposition internationale prend brusquement fin le 31 juillet : la 6e Division de Cavalerie est rassemblée et embarque immédiatement pour la Lorraine. Les chasseurs arrivent le 01 août à Chatel sur Moselle et vont cantonner le jour même à Hablainville. Les troupes ont ordre de rester à 10km de la frontière.

Le 04 août la guerre est déclarée. Tous les conscrits de 1911 à 1913 vont être envoyés sur le front. A Hablainville, un officier réunit les chasseurs cyclistes et leur dit : « Mes enfants, c’est la guerre; mais ce ne sera l’affaire que de quelques jours, quinze jours, un mois peut-être et vous rentrerez chez vous ».

Au jeu du chat et de la souris.

Au début, ce furent des patrouilles de reconnaissance et des escarmouches le long de la frontière au nord de Herbeviller; sur leurs bicyclettes, les chasseurs sont toujours en mouvement : Leintrey, Amenoncourt, Gondrexon, Autrepierre, Blamont, Cirey.

Maurice racontera plus tard une de ces escarmouches : son peloton surprit un groupe de la cavalerie allemande, les Hussards de la Mort. Ils firent trois prisonniers. L’officier français les a fait approcher et leur a donné une gifle à chacun… à la grande désapprobation des chasseurs cyclistes français! (« on trouvait que c’était mal fait (sic) »).
Ah! Les charges de Uhlans et Hussards de la Mort. Maurice se souvenait bien… qu’il était très difficile d’arriver à toucher un cavalier avec son Lebel!
Horne & Kramer citent un épisode de ces batailles : « le docteur Stamer des Uhlans, a été victime d’une « embuscade » (…) et a été tué par un habitant du lieu. En fait, comme l’établira une enquête interne de l’armée, Stamer n’a pas été tué par des francs-tireurs, mais par des tireurs d’élite de l’armée française à bicyclette » (« 1914.Les atrocités allemandes » John Horne et Alan Kramer p.264).
Lorsque le peloton de chasseurs cyclistes entrait dans une ferme ou un village, leur commandant passait toujours devant; il leur avait dit « si je suis tué, sauvez-vous. Mais si je ne suis que blessé, ne me laissez pas! ». Et à cette période là, il ne serait jamais venu à personne l’idée de le laisser (cet officier sera tué à Rozelieures).

 


C‘est aussi le temps de la première rencontre avec les obus allemands qui ne font pas bien peur encore. « Ce ne fut pas une très rude épreuve que ce baptême du feu, la peur ne fut pas grande, on rit de ces obus éclatant à 30 ou 40 mètres du sol avec un bruit plaintif plus harmonieux que méchant (ndr: il s’agit de 77 shrapnells); mais c’était la guerre cependant : le Sergent CHAMPION était tué net d’une balle en pleine tête; quelques blessés (…) déploient les premiers paquets de pansement. Il y a de belles choses à raconter aux fantassins du 8ème Corps qui, le soir, relèvent les chasseurs aux avant-postes. » (livre d’or du 6e GCC, Capitaine Buisson)
Cette guerre d’escarmouches dura jusqu’au 16 aout.

« Bientôt, nos pas réveilleront nos morts de Lorraine et d’Alsace »

Le 17 août, le 6e GCC s’engage sur la route de Strasbourg, précédé par des cavaliers de la 6e DC. Les cyclistes traversent Domevre, Blamont, puis ils franchissent la frontière et vont passer la nuit au petit village de St George (en Allemagne).

C‘est la percée française en Alsace-Lorraine, avec son goût de revanche. « Ils sonnent français ces noms lorrains et, si une partie des habitants est d’origine allemande, il est quelques vieux — ceux de la « Protestation » — qui crient : « Vive la FRANCE ! » avec tout leur coeur. (…). Et, de la SUISSE à la MOSELLE, ce sont les « Diables Bleus » (ndr : les chasseurs), en effet, qui les premiers, arrachant les poteaux frontières, portent le salut de la mère Patrie aux coeurs français de nos Provinces Meurtries. »(livre d’or du 6e GCC, Capitaine Buisson) (voir le chapitre « 1870« ).

Le 18 au petit matin les chasseurs se portent sur Lorquin puis Imling. A 11h ils arrivent à Sarrebourg; l’entrée de la ville est parsemée des cadavres de cavaliers français. Les cyclistes ne restent qu’une paire d’heures à Sarrebourg puis se replient sur Imling. L’artillerie lourde allemande les pilonne, les soldats tombent… cette fois on ne rigole plus des obus allemands!

Nouveau repli, sur Lorquin d’abord, puis sur Hertzing où le 6e GCC tente de tenir la position. Dans la nuit du 20 au 21 les allemands attaquent le village. On se bat au fusil, à la grenade et à la baïonnette. Dans la matinée, le groupe est appelé un peu plus à l’ouest pour soutenir un Régiment d’Infanterie du 8e corps et se retrouve arrosé… par les obus français. Les cyclistes font connaissance avec les erreurs de tir; c’est démoralisant, et malheureusement sanglant.

Le groupe doit se replier vers le sud. Le 21 au soir, le 6e GCC est encore en Allemagne, à Avricourt; le village est sur la frontière, et les cyclistes se sont établis du côté allemand (Deutsch-Avricourt). Avec les Artilleurs à cheval ils doivent faire face aux troupes bavaroises. Ces deux unités du 6e DC ont pris du retard dans la retraite de la Division et se retrouvent en position critique. Grâce à la solidarité entre les deux groupes, ils arrivent à se désengager : chacun couvrant l’autre à tour de rôle.

Les cyclistes fuient toujours : Ogerviller le 22, puis ils font une reconnaissance vers Lunéville, mais les Allemands entrent déjà dans la ville. Ils se replient à Moyen, au sud de Gerbeviller où l’on entend des fusillades, puis le lendemain sur la côte Essey… l’artillerie lourde Allemande (150 et 210) arrose le coin et le groupe doit cantonner un peu plus au sud-est, à St Remy, sous le bois de Lalau que le village de Rozelieures surplombe. Nous sommes le 24 août.
Les attaques de Joffre en Alsace et en Lorraine sont un désastre : on n’a pas repris les territoires cédés en 1870, mais pire, les Allemands sont en France! Et ils foncent vers Charmes, repoussant les français qui battent en retraite. Les pertes françaises sont déjà énormes.

 

Massacre à Rozelieures

Rozelieures fut la première « grande bataille » de Maurice Bach. Le 6e GCC arrive le 24 août au soir à St Remy, au sud du bois de Lalau (Là-l’eau). Les cyclistes n’ont aucune idée des stratégies des états-majors français et allemand pour la bataille de la « trouée de Charmes », ils savent juste qu’ils doivent « tenir » le bois. Les allemands ont pris Rozelieures et Remenovile et dès les premières heures du 25 août, ils pilonnent le bois de Lalau et les routes alentours avec leur artillerie.

Au petit matin, les chasseurs cyclistes se postent à la lisière nord du bois, faisant face au village de Rozelieures, et sur la droite au village de St Boingt. Les 75 se placent sur le plateau de Borville sur leur gauche. De leur gauche toujours, le 6e GCC voit débouler les Régiments d’Infanterie qui se lancent à l’assaut de Rozelieures : c’est un carnage. (voir le chapitre « mourir à Rozelieures« ). 
Les fantassins viennent se réfugier dans le bois. Certains, complètement isolés, leur régiment décimé, viennent soutenir le 6e GCC : « des éléments du 134ème d’Infanterie, décimés, battent en retraite, découvrant le flanc gauche du Groupe. On arrête ces Fantassins, on les place dans les Sections de Chasseurs, leur confiance renaît, ils se feront tuer sans broncher. » (capitaine Buisson, livre d’or du 6e GCC).

Ne pouvant prendre Borville, les troupes Bavaroises reportent tous leurs efforts sur le bois de Lalau. Les combats sont d’une violence extrême, les cyclistes tombent les uns après les autres. « On se fusille à 30 mètres, à10 mètres parfois. Tout ennemi qui pénètre dans le bois est contre-attaqué immédiatement à la baïonnette. Le 1er Peloton fond dans la fournaise, mais il garde ses positions « quand même ». Des Compagnies allemandes reviennent à l’assaut inlassablement avec une grande bravoure. Les obus n’éclatent plus sur les deux adversaires, mais les balles claquent et trouent les corps, les baïonnettes s’enfoncent dans les poitrines, les Hommes frappés à mort tombent comme des masses, les blessés continuent le feu malgré leurs souffrances. » (capitaine Buisson, livre d’or du 6e GCC).

Il n’est que 10h30 du matin, mais cela fait déjà quatre heures que le 6e GCC combat; ils tiennent toujours le bois de Lalau, mais ils ont reculés.
Ils s’attendent au pire lorsqu’arrive derrière eux leurs camarades du 2e Bataillon de Chasseurs à Pied. « (…) Ce sont les Compagnies du 2ème Bataillon de Chasseurs déployées en Tirailleurs. A leur tête marche le Commandant BOUSSAT, bel homme à la barbe en fleuve, un fusil à la main, calme et décidé — un Chef superbe — un beau Bataillon. « Bravo ! Les Chasseurs, dit le Commandant, y a-t-il un Officier ? » Le Fourrier ANTOINAT lui explique que le Lieutenant Commandant le Groupe vient d’être tué il y a quelques instants. « Vous connaissez le bois, reprend le Commandant, guidez-nous » Et les Chasseurs Cyclistes, mêlés aux lignes du 2ème Bataillon, reprennent la marche en avant. » (capitaine Buisson, livre d’or du 6e GCC).

Le Bataillon de chasseurs ainsi constitué traverse le bois et poursuit jusqu’au village de Rozelieures. Les Allemands battent en retraite; nombre d’entre eux sont tués ou fait prisonniers par les chasseurs que plus rien n’arrête. Les Régiments d’Infanterie se reforment et traversent Rozelieures.

Exténués et décimés, les chasseurs cyclistes se reforment le soir du 25 à Loromontzey. Du 26 août au 07 septembre ils patrouillent dans la région et s’apercoivent que la ligne de front est définitivement fixée. Mais le 6e GCC est un groupe mobile que l’on envoie sur tous les fronts, et pour eux il n’est pas encore temps de garnir les tranchées.

 

Texte et photograpies extraits du sitehttp://didierbach.free.fr/pages1418/1418_mourrir.html

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s